L'approche d'élection est toujours extrêmement pénible puisqu'on ne peut échapper au battage médiatique qui y est lié. Ceci est confirmé par le fait que, lors des grandes soirées électorales à la télé, les journaux sont réduits au strict minimum, du coup ils délivrent une information plus juste, sans spectacle ni fioriture. Il serait intéressant de voir ce qu'il se passerait s'il fallait choisir entre un évènement majeur, un scoop monstrueux, digne de faire baver un journaliste/people pro du spectacle télévisuel et une soirée électorale. En fait, on connait les résultats, les grands animateurs s'agitant derrière leur bureau soigneraient leurs contacts avec le monde politique.

Mais revenons aux municipales.
Le coup d'envoi, à la télé, a été donné par une heure : 20 heures. A cette occasion, je me suis bien amusé car il était 20 heures 8 secondes plus tôt sur TF1 que sur France2, cette dernière trouvant 20 heures 2 secondes avant France3. Certains y verraient un simple problème de montre, d'autres une simple course à l'annonce de résultats en premier. Comme ça va toujours plus vite dans le privé, il était donc logique que TF1 annonce 20 H en premier. Comme France3 était encore en grève, il était donc logique qu'elle annonce 20 H en dernier.

Toujours côté télé, c'est quand même impressionnant de constater que sur des élections locales, on donne des résultats globaux (droite/gauche) pour connaître le visage politique d'un pays, qu'on invite des personnalités dites de premier plan pour commenter quelque chose d'incohérent et faux...
Les élections municipales sont et ne doivent être que des élections locales :

  • les électeurs jugent et éventuellement sanctionnent ou récompensent le bilan d'un maire!
  • les électeurs pèsent les projets futurs du maire sortant et éventuellement de l'opposition, s'il y en a une!

Par conséquent :

  • si un maire a besoin d'un soutien national de son parti pour que les gens votent pour lui, c'est que son bilan est nul et qu'il prend ses électeurs pour des idiots : il ne faut donc pas voter pour lui.
  • si une liste d'opposition a besoin d'un soutien national de son parti pour que les gens votent pour elle, c'est que son projet est nul, son argumentation pauvre, et qu'elle tente de tromper les électeurs avec un truc qui est censé briller : il ne faut donc pas voter pour elle.
  • même raisonnement si à la place de soutien national de son parti vous mettez, artiste, star, club de foot...
  • si une liste, à cours d'argument, se sent obligée de frapper bas, très bas, en donnant l'impression de frapper fort et en évitant les comparaisons d'arguments et de projets, d'une part c'est pitoyable, et d'autre part, ça montre une mentalité lamentable : il ne faut donc pas voter pour elle.

Bien sûr, tout ceci n'est valable que pour les villages et les petites villes : pour les grandes villes, le maire n'est pas une personnalité locale, le maire n'est pas connu de ses concitoyens, le maire ne connait pas ses concitoyens, sauf ceux qui appartiennent à son clan. Du coup, pour se faire connaître, c'est le pur jeu de la comm' :

  • on dégaine par ci une personnalité;
  • on envoie par là une attaque personnelle.

Je suis bien content de ne pas à avoir à voter pour ce genre de personne.

Maintenant, il y a une chose qui me dérange : pourquoi des maires sortant socialistes ou des listes d'opposition du même bord, ont fait appel à S. Royale[1]? Elle n'occupe aucune fonction au PS, elle a reconnu après sa défaite que son programme était inapplicable et irréalisable... Bref, faut-il la ranger dans la catégorie people alors? Les gens seraient-ils à ce point aveugles? Ca n'a pas été suffisant de devoir choisir entre la peste et le choléra aux dernières présidentielles? J'avoue que des choses m'échappent.
Dans une élection locale d'un village/ville à taille humaine, au risque de me répéter, la couleur politique n'a aucune signification : le maire a été bon ou pas, compétent ou pas, à l'écoute ou pas (même chose pour l'opposition qui a souvent des conseillers municipaux) et c'est tout. Dans ces conditions, choisir en fonction d'une couleur politique, c'est montrer son étroitesse d'esprit, c'est refuser de se reconnaître un droit d'existence intellectuelle[2].

Maintenant, du côté de mon département se pose un autre problème que l'on retrouve à l'échelle nationale : les députés-maires, sénateurs-maires, ministres-députés-maires et pire ministres-députés-conseillers (régionaux ou généraux)-maires seront-ils présents physiquement?
Si on prend l'exemple de Marseille[3]. Je m'inquiète car la mairie est actuellement à droite, le conseil général à gauche. Il est notoirement connu que le conseil général de gauche oublie, ou traine les pieds ou refuse de financer certains projets pour Marseille puisque c'est une ville de droite[4]. Quelque part, ça arrange tout le département, puisque du coup les autres villes ne sont pas oubliées. Mais, si jamais le président du conseil général est élu maire de Marseille, que devrait-il se passer? Tout simplement que les impots des habitants de tout le département ne devraient servir qu'à financer en majorité des projets sur Marseille : je n'invente rien, je ne fais que reprendre les paroles de l'actuel président du conseil général. Et là :

  • les autres communes n'auraient plus rien ou presque;
  • rajoutez à celà que la part départementale des impôts a augmentée de 80% en peu d'années (même s'il parait que cette part ne devrait pas augmenter cette année, ou alors c'était en 2007? Bref, comme par hasard);

Et vous avez une future défaite potentiellement annoncée aux prochaines élections cantonales pour la majorité actuellement à gauche. Je ne pense pas que baser, encore une fois, son argumentation sur du tout sauf Sarkozy, à l'échelon local, marche encore sauf si les habitants de Marseille et éventuellement de ce département forment un immense troupeau de mouton.
Bref, pourvu que M. Guérini reste au département et M. Gaudin à Marseille, ou l'inverse (je m'en fiche totalement), parce que si l'un des deux à deux casquettes, bonjour!

Notes

[1] relookée encore, les notes de maquillage doivent s'être envolées).

[2] Je rappelle que dans les grandes villes, la logique n'est pas la même.

[3] Je n'habite pas dans cette ville, mais j'habite dans le même département.

[4] Ce type de comportement est pitoyable, car ça montre que des hommes profitent de leur mandat pour servir les intérêts de clan.